écrit par Noé Petit Bohnert

Le but de ce court article est de présenter brièvement Doudou N’diaye Rose puis de commenter sa musique à partir de titres et collaborations en particulier.
Doudou N’diaye Rose (1930-2015), percussionniste sénégalais, est une, si ce n’est la figure emblématique du sabar (ensemble de tambours sénégalais) à l’échelle internationale. Il a consacré sa vie à partager et à promouvoir sa culture : lors d’évènements historiques (bicentenaire de la révolution française, indépendance du Sénégal…) mais aussi en participant à de nombreux albums d’artistes occidentaux. Parmi ses collaborateurs figure en première place Peter Gabriel qui a fait appel à Doudou pour trois albums, puis suivent Michel Portal, Alan Stivell, Nine Inch Nails, Jacques Higelin ou encore Bernard Lavilliers. Sa contribution au patrimoine musical sénégalais est double puisqu’il ne s’est pas contenté d’être son ambassadeur dans le monde entier mais a également enrichi et innové la manière de faire du Sabar en bousculant les codes traditionnels. Pour finir, Doudou N’diaye Rose est décoré Chevalier des Arts et des Lettres par Mitterrand, Chevalier dans l’Ordre national du lion et grand croix de la Légion d’honneur par Abdoulaye Wade et « Trésor humain vivant » par l’UNESCO.
Passons maintenant à la partie véritablement critique. Dans toutes les collabs que j’ai écouté, Doudou a une ligne claire et il est immédiatement identifiable. Dans certains albums, j’ai dû chercher le titre en particulier où Doudou était invité. Il me suffisait d’écouter de très petites parties des différents singles pour savoir si il y figurait ou pas car dès lors qu’il apparaissait, aucun doute n’était permis. Son identité musicale forte est celle d’un ensemble de tambours sénégalais (timbre facilement reconnaissable, très claquant et résonnant) qui exécute une mélodie et un accompagnement qui tournent en boucle. De plus, il a toujours une grande énergie qui nous donne envie de danser et il arrive à dynamiser des chansons même quand le reste est mou et inconsistant (je pense à « Seigneur de guerre » de Lavilliers). Dans « Criez priez » d’Higelin en revanche, Doudou et ses musiciens occupent plus qu’une simple fonction rythmique : c’est une véritable pièce de sabar qui change de thèmes à plusieurs reprises, fait entendre des breaks, des appels… Enfin, dans sa collab « The Warning » avec Nine Inch Nails j’ai été surpris de voir à quel point les rythmes du sabar se mélangeaient bien avec un beat techno-électronique (courant musique industrielle) pour former un tout homogène qui déchire !
Bref, donc Doudou N’diaye Rose on vous le recommande très fortement ! C’est vrai que je vous ai beaucoup parlé de ses collabs mais bien sûr les concerts avec ses musiciens (les Rosettes, les Roseaux…) sont super cool si vous voulez découvrir le sabar sénégalais !
Liens des titres mentionnés :
« Criez priez » dans Illicite de Jacques Higelin
« The Warning » dans Year zero remixed de Nine Inch Nails
« Seigneur de guerre » dans Voleur de feu de Bernard Lavillier
« A different drum » dans Passion de Peter Gabriel
Sources :
